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Publié le 12 Novembre 2018

La tomodensitométrie offre de nouvelles possibilités

La tomodensitométrie est-elle la clé pour appréhender au mieux la performance des reproducteurs ? Découvrez-en plus sur ce projet novateur dirigé par l’équipe de R&D en France et l’institut de recherches français INRA. 

Au sein du service de Sélection, il est important de collecter des informations précises sur la composition corporelle, comme le dépôt adipeux et le développement musculaire. Ces données permettent de mieux comprendre la performance des reproducteurs et de sélectionner les caractéristiques qui permettront d’obtenir des œufs de reproducteurs de bonne qualité et d’assurer une production élevée. En règle générale, les données sur la composition corporelle sont collectées à l’aide d’une technologie à ultrasons ou recueillies lors d’une analyse post-mortem. Cependant, ces méthodes ont leurs limites. Par exemple, lors d’une analyse post-mortem, seule une partie de la dinde est examinée : cette méthode ne permet pas d’avoir une vision globale ni de comprendre l’équilibre entre les compartiments corporels. Une étude portant sur l’utilisation d’un CT-Scan pour déterminer le lien entre la composition corporelle, la maturité sexuelle et le début en ponte a récemment été publiée par le service R&D de Hendrix Genetics Turkeys France dans le journal Poultry Science. 

Ce projet a été mené sous ma direction et sous la supervision du Dr. Sylvain Brière, Hendrix Genetics Turkeys France, et du Dr. Pascal Froment de l’institut de recherches français INRA de Nouzilly (équipe PRC). L’objectif global du projet était de suivre les reproducteurs en recourant à un outil non invasif tel que le CT-Scan pour identifier les principaux changements dans leur composition corporelle, et ce, afin de mieux comprendre les facteurs clés du début en ponte et d’améliorer la qualité des premiers œufs. Nous avons commencé par étudier les interrelations et les changements entre les tissus musculaires, adipeux et osseux lors de l’élevage, de la photostimulation et de la reproduction précoce. La tomodensitométrie est plus couramment utilisée pour détecter des fractures osseuses ou mesurer la qualité des os chez les volailles, notamment les poules pondeuses, mais n’a pas été appliquée à grande échelle pour étudier la composition corporelle complète des reproducteurs en dinde. 

ct scan image 1
Légende de la photo 1 : exemples de tomodensitométries (CT-Scan)
bone muscle body scan turkey 34 week
Légende de la photo 2 : tomodensitométrie d’une dinde sur 34 semaines – os, muscles et corps

Suite à l’analyse des images que nous avons recueillies, nous avons constaté que le volume musculaire est linéairement proportionnel au poids corporel conformément à la sélection génétique et que le volume osseux augmente avant l’entrée en ponte, ce qui pourrait indiquer une accumulation de calcium pour la formation des coquilles d’œuf. Nous avons également constaté que le volume adipeux subit un remodelage intense au cours de la maturation sexuelle, ce qui correspond à la circulation des lipides dans le sang et à une accélération du développement ovarien.   

La tomodensitométrie nous fournit d’autres données utiles sur les dindes et ouvre un certain nombre de nouvelles possibilités en termes d’efficacité et de bien-être. En examinant la composition corporelle, nous pouvons surveiller l’équilibre entre le dépôt adipeux, la qualité des os et le développement musculaire chez un même animal au cours de son élevage et de sa reproduction, ce qui est actuellement impossible avec la seule mesure du poids corporel. Cela pourrait aboutir à un phénotypage plus précis pour sélectionner la meilleure composition corporelle et le dépôt adipeux optimal afin de maintenir la reproduction, favoriser des pattes fortes et accroître certains rendements musculaires spécifiques. En nous appuyant sur les résultats de cet essai, nous pourrions également envisager d’adapter nos stratégies d’alimentation avant le départ en ponte afin d’améliorer les performances de reproduction. 

Suite aux résultats de cette étude novatrice, nous continuerons à explorer le potentiel qu’offre cette technologie en vue d’accroître la performance des reproducteurs et d’améliorer la qualité dans toute la chaîne de valeur. 

Remerciements :

Ce projet est réalisé dans le cadre de l’accord CIFRE, avec la contribution de Patrice ETOURNEAU (Hendrix Genetics Turkeys France) et de François LECOMPTE (Plateforme CIRE, INRA de Tours).

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